Merging

Nous sommes en voyage de presse organisé à l’étranger. On visite quelques endroits pour faire des photos accompagnés de notre guide : une jeune femme aux cheveux très blonds. Arrivés à un point de vue, en face d’une montage, nous apercevons un avion qui semble en phase d’atterrissage mais il s’arrête soudainement, comme s’il était en vol stationnaire. Son fuselage s’ouvre pour laisser place à une ouverture béante ; il se transforme en fusée, crachant des flammes bleues. Nous comprenons que nous assistons à quelque chose d’extra ordinaire mais nous sommes pétrifiés par la surprise et l’effroi ; aucun d’entre nous ne pense à prendre une photo alors que nous avons tous un appareil en mains. Seule notre guide ne semble pas surprise.

Il se dégage d’elle un sentiment particulier, réconfortant. Comme si par la pensée elle nous disait que tout allait bien, que tout était normal.

Une fois que l’avion a atterri sous forme de fusée, notre guide nous mène dans ce fameux aéroport. Qui n’en n’est pas un. Il s’agit davantage d’une base militaire. On nous amène dans une sorte de café au sein de la base. Notre guide nous dévoile alors où nous nous trouvons et en quoi elle est liée à tout cela. Il s’agit d’un avant-poste alien dans lequel son espèce travaille à s’adapter à la Terre. À plus grande échelle, son peuple veut peu à peu se mixer avec les humains. Je lui demande pourquoi ils ne le font pas dès à présent. Notre guide me lance un regard triste puis, le temps d’un éclair, reprend sa forme naturelle : une sorte d’horrible ver géant, sans yeux, plein de dents, suintant. Ce bref aperçu de sa véritable nature me glace le sang. « Parce que nous ne sommes pas prêts » me dit-elle. Puis elle explique que pour réussir à se mixer, son espèce doit peu à peu, génétiquement, évoluer pour prendre une apparence humaine durable. Mais ça n’est pas tout ; comme cela prendrait trop de temps, ils modifient également l’homme pour se rapprocher se son espèce, jusqu’à trouver un juste milieu.

Puis notre guide est soudainement extrêmement triste. Elle ne verra jamais ce jour où les deux espèces auront assez évolué. Elle est elle-même le résultat d’une transformation accélérée, elle a été créée en laboratoire ; mais cette technique implique une durée de vie assez courte. Je me demande combien de milliers d’années un être de son espèce vit normalement.

Sur ces révélations écrasantes, notre guide nous propose de nous ramener chez nous en empruntant une de ces fusées-avions, qui n’est autre qu’un de leur vaisseaux déguisé en classique avion de ligne pour passer inaperçu. Nous grimpons à bord, l’intérieur est très différent de ce que nous connaissons. Je rentre chez moi en repensant à la guide. Pourquoi est-ce qu’elle est venue nous chercher ? Et pourquoi nous raconter tout ça à nous ?

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Inception

Nous sommes trois. Nous explorons une ville que j’imagine en Amérique latine, où les platanes sont remplacés par de gros ensembles d’arbres tropicaux. Les lianes ont trouvé leur chemin jusqu’en haut des immeubles, pour la plupart hauts de deux à trois étages maximum. À divers endroit de la chaussée des plantes on percé le bitume et poussent droit. Les rares voitures les évitent, et nous évitent aussi car nous déambulons au milieu de la rue. On s’en fiche car on sait que tout est factice. Cette ville n’existe pas. Ses habitants non plus. Mais eux, ne le savent pas.

Cette ville est un véritable labyrinthe. Nous savons ce que nous sommes venus chercher mais nous n’en connaissons ni l’emplacement, ni la forme exacte. Une « perturbation ». Quelque chose qui met en danger tout ceci. Cette perturbation peut prendre n’importe quelle forme mais ce qui est sûr c’est que les habitants en ont conscience, même s’il ne pourront ni la nommer, ni l’expliciter. La perturbation fonctionne comme un tourbillon, qui inéluctablement les attire. Alors on se dit qu’avec un peu d’aide, un habitant nous y mènera.

Comme on s’avance dans la ville, on en profite pour l’observer plus en détail. Elle ne foisonne pas du tout, elle ressemble davantage à une ville à l’abandon. Quelques rares boutiques ont leur rideaux de fer baissés, il semble qu’on soit tombé en période de congés. Des panneaux publicitaires vantent un spectacle unique en ville, dans un cabaret. Des enfants jouent au ballon, des ombres étendent du linge au balcon. Il fait chaud mais nous ne ressentons pas cette chaleur.

Quand je m’approche d’un habitant, il a le regard fuyant et me dit qu’il est occupé et ne peut pas répondre à mes questions. C’est vraiment parti en vrille ici. On tombe dans une rue un peu plus commerçante. Un vendeur tire son rideau de fer, fin de journée. On le bloque pour le forcer à nous répondre. Ca n’est pas très clair mais il nous recommande d’aller prendre un verre au café du coin. Je jette un oeil dans la direction de l’établissement, une baraque avec une belle terrasse ombragée au premier étage et un néon éteint : le même nom que le cabaret de la pub. Lui même va aller y prendre un verre et sans nous dire pourquoi, il pense qu’on devrait y aller aussi. J’ai l’impression que s’exprime à travers lui la perturbation.

On entre dans le bistro, désert. On fait le tour : rien. C’est déprimant, cette solitude. On retourne à l’intérieur, on emprunte les escaliers qui mènent à la terrasse et là on se dit que cet enfoiré s’est vraiment foutu de notre gueule. Il surgit derrière nous : cette fois il s’exprime normalement. Il est un peu tendu mais pas stressé. Cela fait longtemps, selon-lui, qu’il n’avait pas pu parler à des gens « normaux ». Sa réaction devant sa boutique n’était qu’une ruse pour nous tester. Okay donc on tente de s’expliquer : qui est-il, pourquoi nous a-t-il fait venir ici ? Pour réponse, il se contente d’un long silence. Ses yeux légèrement exaltés nous regardent tour à tour. Il sue dans sa barbe. Puis il nous emmène dans une petite pièce et nous invite à nous installer autour de la table. Il sort un appareil, une sorte de croisement entre un outil respiratoire et un ordinateur bidouillé. « Voilà », dit-il. « J’ai inventé ça. » Il me faut quelques secondes pour comprendre de quoi il parle. Je suis ébahi. Il poursuit : « Avec cet appareil on peut s’échapper dans une réalité parallèle imaginaire. On peut aller dans ma tête si vous préférez. Et on peut y rester tant qu’on veut. Depuis que j’ai commencé à faire voyager les gens là-dedans, tout le monde a commencé à vriller. Ils ne veulent plus vivre dans leur quotidien habituel. Ils veulent vivre là-dedans ». Mes deux compères et moi l’écoutons silencieusement. « Mais le pire », continue-t-il, « c’est qu’une fois là-dedans ils oublient tout de la réalité. Et là-dedans ils ne savent pas qu’ils sont faux, qu’ils sont juste des programmes ». Bon. On a vraiment un problème. « Montrez-nous ça », lui dis-je. Et il nous branche. Et on est parti dans sa réalité. Chez lui, dans sa tête.

La ville est similaire mais il y a bien plus de monde. Tout le monde est là en fait. Chacun semble vivre pleinement sa vie. S’en suit un enchaînement assez incroyable de circonstances : nous avons démarré tous les quatre éparpillés dans la ville. Sans moyen de communication nous tentons de nous retrouver mais notre hôte, lui, a un rôle différent. Sorte de dictateur autoproclamé, il vit une vie de pacha et ne compte pas s’en défaire. On comprend que tant qu’on ne lui a pas fait reprendre raison, nous sommes coincés dans sa tête. Plusieurs jours de traque, de poursuites, de tentatives d’enlèvement finissent par aboutir. Il tente de négocier : « Attendez, je vois un terrain d’entente. Quelqu’un a inventé une machine pour s’évader de notre réalité. On pourrait y aller ensemble et tout recommencer ? À pied d’égalité ? Vous serez autant roi que moi ». Bordel il recommence. Je lui colle une paire de claques et lui explique que nous sommes déjà dans sa tête. Il ne comprend pas. Et s’il ne comprend pas, s’il ne prend pas conscience que ce monde est fake, on est coincé avec lui. Bordel.

Mais on se réveille. Ca n’est pas lui qui l’a déclenché sciemment. C’est son associé que je ne connaissais pas, qui, inquiet de ne pas le voir, s’est douté qu’il s’était échappé dans son imaginaire. Notre hôte reprend ses esprit, suant, suintant. « Combien de temps nous y sommes restés » je demande. « 16 heures » me répond l’acolyte. Dans l’imaginaire, le temps défile plus vite. Bien. Donc au final on ne sera pas parti si longtemps. Je me place en face des deux gars. Et je leur lâche tout. « Écoutez-moi. Vous êtes un programme. Cette ville n’existe pas. Votre vie n’existe pas. Vous pensez vous échapper dans votre imaginaire mais vous vous enfuyez en réalité dans un autre programme, que vous avez écrit vous-même. Nous allons mettre fin à tout ça. » Leur mâchoire ne pourrait pas se décrocher davantage. Ce ne sont que des programmes destinés à animer cette réalité imaginaire dans laquelle nous nous trouvons, mon équipe et moi. La machine qu’il nous a présentée, c’est précisément une machine similaire qu’utilisent chaque jour des milliers de personnes, et que nous avons utilisée pour venir ici identifier l’origine de la perturbation dans ce monde malade. Et la perturbation, c’est donc ce programme, incarnant un homme barbu, qui a inventé un dispositif similaire pour reproduire la même chose. Il ignorait qu’il était un programme, évidemment, mais comment a-t-il pu imaginer le même concept ? Comment a-t-il pu développer une telle autonomie jusqu’à inventer quelque chose ? Nous ne nous donnerons pas la peine de l’étudier. Trop dangereux. Et surtout il nous a montré les dérives de notre simulation : les gens passent maintenant leur temps à fuir leur quotidien pour vivre une nouvelle vie, quitte à tout recommencer s’ils en ont marre.

On se déconnecte. Lumière blanche intense. Nous sommes de retour au centre de simulation. Les contrôleurs ont tout suivi sur leurs écrans. Personne ne dit un mot. Je me relève de ma banquette, regarde ma montre. Nous sommes restés un peu plus de 8 heures dans la simulation, même si du coup nous avons vécu en réalité trois jours pleins. Je comprends pourquoi on devient vite accro. « Coupez-moi ça », je dis à un gars derrière une console. Et la simulation s’éteint. Le barbu n’est plus. Son petit royaume n’est plus. Tous les habitants ne sont plus. Je tire le rideau de fer de mon vestiaire, fin de journée.

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Interface Homme – Alien

Navette spatiale en approche de la lune. Nous avons décollé il y a quelques heures et mon commandant ne m’a toujours pas informé de la nature de la mission. Nous ne sommes que deux dans la navette. Nous formons une petite équipe de maintenance, chargée d’approvisionner les bases qui gravitent en orbite ou sont implantées sur la lune, effectuer quelques réparations, ou des opérations de sécurité. Cette fois-ci, cela change de l’ordinaire. Mon commandant me demande de nous placer en orbite au-dessus de la lune, puis nous attendons. Pas très longtemps en réalité, car je vois sur le pare-brise de la navette se coller une forme gélatineuse, transparente, qui semble s’étendre sur toute la paroi vitrée, s’en imprégner doucement puis, de manière extraordinaire, apparaître peu à peu à l’intérieur de la navette. Mon étonnement me laisse muet, tandis que le commandant souris. Il m’explique en quelques mots qu’il s’agit d’une forme de vie inconnue qu’il a rencontrée il y a peu par hasard, au cours d’une mission, sans m’en informer. Qu’elle est douée d’intelligence et peut mélanger son ADN à d’autres choses pour les traverser sans les briser, comme elle l’a fait avec cette vitre. Notre mission aujourd’hui : trouver une interface homme – alien qui permette de communiquer avec elle. Spontanément je tends une sorte de magnétophone. Nous l’approchons de la chose mais elle ne s’en empare pas, elle s’amuse juste à traverser les jointures sans utiliser le haut parleur. « Peut-être est-ce trop limité pour elle » dit le commandant. « Il lui faudrait une interface plus complexe ». Et il me dévisage. « Ah non, non, non ! » je réponds. Je ne me laisserai pas pénétrer par cette chose. C’était pourtant une très bonne idée, il faut le reconnaître. Mais le temps que l’on échange, elle s’était enfuie.

Nous descendons nous poser sur la lune. Nous enfilons nos scaphandres puis allons fouler ce monde froid et silencieux. Depuis que sur Terre les espèces animales ont commencé à s’éteindre, la lune est devenue un immense réservoir de faune et de flore. Bien sûr, rien n’est réel. Nous marchons à travers des groupes de dauphins, des troupeaux de cerfs, des montagnes de verdure, le tout réduit à l’état holographique. Nous passons au travers de ces animaux, présents à perte de vue. Parfois nous croisons des immeubles. Eux aussi sont faux, mais on peut pénétrer dans certains, car il y a en réalité une base installée dessous. Nous avançons dans ce monde coloré sous un ciel noir. Ces projections holographiques vous font complètement perdre le sens des réalités.

Pourtant, à un moment, nous la voyons. « J’en étais sûr » dit le commandant dans un souffle. Elle était en face de nous, sans scaphandre, rayonnante d’une beauté jamais vue. L’interface homme – alien parfaite. La chose avait pris vie à travers le corps humain d’une femme et venait à présent vers nous. Nous avançons en silence, hypnotisés par ce qu’elle dégage. À quelques mètres de distance, nous nous arrêtons. Elle nous observe, nous la scrutons. Puis ce sont les premières paroles. Elle nous pose des questions, nous concernant à la fois mon commandant et moi-même, et le reste de la population. Elle semble avoir observé la Terre depuis quelques temps et a jugé nécessaire de prendre contact pour comprendre davantage. Comprendre comment on en est arrivé là. Comprendre où ont disparu toutes les formes de vies qui existaient auparavant. Nous n’avons pas de réponses. Alors elle s’enfuit.

Nous la poursuivons à travers les faux dauphins, d’immenses baleines qui sautent autour de nous, puis à travers des immeubles. Elle se réfugie dans l’un deux. Voit-elle la différence entre les projections et les véritables structures ? Nous ne la retrouvons pas. Nous retournons à notre navette. Au pied du sas, nous trouvons son corps inerte. Elle avait couru jusqu’ici, puis avait abandonné son enveloppe. En silence nous prenons son corps sans vie dans nos bras et espérons qu’il se ranime. Mais rien ne se passe.

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Apesanteur

C’est un chouette petit week-end que nous sommes en train de vivre à Londres. Avec Juliette et quelques personnes de ma famille, nous visitons Londres sous un nouvel angle : retour sur les lieux de tournage de Star Wars. Dans un minibus, nous enchaînons les stops avec un guide qui nous fait visiter tour à tour des studios, des lieux de tournage en extérieur, l’endroit où le costume de Chewbacca a été créé, le tout avec moult anecdotes. Arrive le clou de la visite : le studio contenant un bout du Faucon millenium, ayant servi pour quelques scènes. Malheureusement, le lieu est fermé, réservé pour la journée par on ne sait qui. Le guide est navré et nous aussi : nous rentrons demain. Zut. En solution de backup, nous nous dirigeons vers une maison dotée d’une grande enseigne à la promesse surprenante : vivre une expérience en apesanteur. Intrigués, nous poussons la porte.

Nous payons de quelques livres le droit d’entrée et une vieille dame nous guide jusqu’au grenier, sous combles, totalement dégagé. Une grande pièce vide. La dame nous explique le principe : elle va redescendre et activer l’anti-gravité. Pendant plusieurs minutes nous pourrons ainsi, dans cette pièce spécifique, voler en apesanteur. Mais cela ne nous surprend pas, car nous savons que peu de temps auparavant les chercheurs ont réussi à canaliser la gravité. Nous ne pensions pas cependant que cela deviendrait si vite une attraction de foire.

La porte du grenier se referme sur la vieille dame, et quelques instants plus tard nous commençons à sentir une sensation étrange, comme si l’on pesait de moins en moins lourd. On traverse en courant la pièce en faisant des bonds de plus en plus hauts. Arrive un moment où je saute sur place et je ne retombe pas : ça y est, l’apesanteur est totale, nous volons littéralement dans le grenier. Il n’y a plus de haut, de bas, chacun se déplace de mur en mur par bonds, ou fait du sur-place. Je me surprends à penser à cet avion qui grimpe très haut puis plonge quelques secondes pour reproduire cet effet ; il sera dorénavant relégué au musée. Nous jouons un certain temps, qui me semble assez long. Puis nous sentons clairement les murs trembler. Quelque chose se passe à l’extérieur. L’apesanteur est toujours activée mais la maison a l’air de se déplacer. On regarde, en flottant, par la fenêtre : nous sommes au-dessus de Londres ! Un hélicoptère a accroché des grappins sur le toit de la maison, l’a arraché et nous embarque avec vers une destination inconnue. On traverse la Manche. On remonte la Seine. On distingue Paris au loin : oui on se rapproche. L’hélicoptère va finalement nous poser en plein Paris. Une fois à terre, nous sortons du grenier et découvrons que nous sommes devant le siège du magazine ELLE. Une personne nous écarte de la maison fraichement déposée et s’extasie de sa livraison. On lui demande ce qui se passe. Il se trouve que le magazine organise un événement et avait impérativement besoin, au plus vite, de cette attraction. Après avoir fait remarquer qu’il eut judicieux de nous en faire sortir avant de voler le bâtiment, on se dit que finalement on n’aura pas à reprendre l’Eurostar pour rentrer.

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Zombie, Angleterre, campement

Nous sommes en vacances avec Juliette. Sur la côte normande. On fait une sorte de tour sur plusieurs semaines, et là on doit prendre l’avion pour notre prochaine destination. Dans le petit aéroport, tandis que nous attendons l’embarquement, petit check-in Foursquare. Mais pas le temps de lancer Twitter : la panique commence à saisir quelques personnes éparses qui pianotaient sur leur mobile. L’un d’eux crie « Allumez la télé ! tout de suite ! » On se regroupe donc près du poste dans un des cafés de la grande salle, on met une chaîne d’info : et la présentatrice annonce, toute tremblante, qu’une épidémie inconnue se répand sur la surface du globe à grande vitesse. On parle de zombification.

Pas le temps d’en apprendre davantage, notre vol est appelé pour l’embarquement. Nous sommes relativement incrédules. Pendant que nous grimpons dans l’appareil avec un personnel de vol vraisemblablement pas au courant, je vérifie ma timeline Twitter. Effectivement, ça tweete dans tous les sens, vers des photos de zombies, des dépêches, mais rien de très précis. Impossible de savoir où ça se passe, tout le monde retweete tout le monde, et c’est pas simple de remonter la source des infos. Nous nous installons à nos sièges, tout à l’avant, mais le brouhaha commence à être assez fort, les passagers sont tous au courant. L’un d’eux interpelle une hôtesse, en lui demandant de parler au commandant. Elle ne veut pas céder mais finalement c’est lui qui sort du cockpit. Il demande le silence : il a eu par radio l’aéroport de destination, ils subissent à leur tour l’épidémie. Nous ne pouvons pas nous y rendre et n’a aucune instruction. Le type excité de tout à l’heure lui dit alors qu’on devrait décoller pour l’Angleterre : c’est une île, l’épidémie peut être contenue au-delà des côtes. Pas con. Il est ok. Le pilote prend place à son siège. On décolle. Mais le type excité se lève d’un coup. Il lit sur son Blackberry que l’Angleterre est sévèrement touchée, il ne faut surtout pas y aller. Il tente d’alerter le pilote, tambourine à la porte du cockpit, verrouillée. L’hôtesse tente de le remettre à son siège mais en plein décollage ça n’est pas simple. Et puis tout bascule : d’un coup l’avion pique, on se retrouve à foncer vers la mer, il cabre, on revient vers la côte… Et finalement on s’écrase contre les rochers de la falaise, pour se retrouver coincés, le nez de l’appareil quasiment dans l’eau, les deux flancs bloqués par des pitons rocheux.

On est complètement sonné. Le pilote nous annonce par micro que seule la porte arrière est accessible pour sortir. Les hôtesses déclenchent les toboggans et les canots de sauvetage. Finalement tout le monde s’extirpe de la carlingue et se retrouve sur un bout de falaise. Je regarde sur mon mobile un outil que j’ai designé avec un ami pour connaître en combien de temps la Terre serait zombifiée : d’après notre module, il s’agit de quelques jours. Nous décidons d’installer un campement temporaire sur ce bord de falaise tandis que le pilote s’est désigné volontaire pour aller chercher de l’aide à l’aéroport, à quelques kilomètres.

Plusieurs jours plus tard, le pilote n’est jamais revenu, l’aide n’est jamais arrivée. Je n’ai plus de batterie mais j’ai pu voir rapidement que notre région était touchée par l’épidémie. Ce qui explique pourquoi nous sommes restés là. Loin d’habitations, on espère être épargné. Et puis au loin je vois de la fumée : un véhicule arrive sur le chemin de terre. Non, ils sont plusieurs, une flopée de 4×4 et de camions. Les secours ? L’armée ? Ils se rapprochent et s’arrêtent à quelques dizaines de mètres. Un grand type, torse nu, fusil à la main, se met sur le marche-pied. Il nous regarde. Ca sent pas bon. Puis il crie vers les camions : « N’épargnez que les femmes ! ». Ce n’est donc pas l’épidémie de zombies qui va nous tuer, mais une bande de cinglés. Il n’y a plus rien, nulle part où fuir, sauf derrière, la falaise. On saute.

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Exploration spatiale et technologie magnétique

Nous sommes en 2041. Je suis à bord d’un des vaisseaux envoyés par la Terre pour découvrir de nouvelles planètes. Tout s’est accéléré il y a quelques années, quand nous avons enfin réussi à maîtriser l’énergie magnétique. Du coup, tous les objets, quel que soit leur poids, peuvent être déplacés sans effort, comme s’ils volaient au-dessus du sol. Voilà pour la base, mais les applications qui en découlent sont multiples : la plupart des objets et outils produits le sont dorénavant par des machines, la robotique ayant bénéficié d’un essor fulgurant. C’est donc l’augmentation des humains qui a suivi : remplacement de membres, d’organes… J’ai moi même un oeil bionique.

Du coup avec l’énergie magnétique c’est devenu vachement plus simple de se déplacer dans l’espace, ne me demandez pas comment. Tout ce que je sais, c’est que dès que cette techno a explosé, j’ai abandonné toute activité pour me plonger dedans, en tant que « chercheur / testeur / explorateur ». En gros, j’essaye de trouver de nouvelles applications. Et c’est à ce titre que j’ai été embarqué dans ce vaisseau : on ne sait pas ce qu’on va découvrir, il faudra peut-être l’inventer sur place.

Bref, l’ambiance est pesante à bord : la capitaine s’est faite amocher lors de la première exploration sur la planète que l’on vise. L’équipe est rentrée indemne mais elle s’est faite faucher par on ne sait pas quoi, ses deux jambes y sont restées. Elle a été ramenée inconsciente et placée dans le module chirurgical. Là, toute l’avancée technologique des quelques dernières années prend tout son sens. Sans que personne n’intervienne, quelques bras robots fabriquent dans un coin deux superbes jambes d’acier ; et encore ils ne touchent à rien, chaque pièce glisse sur un rail invisible et vient s’emboîter. C’est extraordinaire à voir. Un autre robot, toujours en suspension au-dessus du sol, glisse vers elle et vient lui greffer ses nouveaux membres. Elle revient à elle peu de temps après. Soudain elle comprend : où elle se trouve, ce qui lui est arrivé, et ce qu’elle a perdu. Elle crie dans un sanglot de rage, personne ne bronche. Mais à ce moment je me dis qu’elle a de la chance en fait. Ces deux jambes motrices vont faire d’elle un être humain augmenté : plus puissante, plus rapide, avec une meilleure autonomie de marche. Elle comprend ceci exactement en même temps que moi, et sa réaction est immédiate : elle se met debout, se dirige vers son équipe dans un « clang » « clang » retentissant et se lance vers une nouvelle exploration de la planète.

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Silence

Depuis plusieurs jours, la Terre semble subir une épidémie de zombification. Avec mes parents et mes deux frangins, on a décidé de fuir les grands ensembles urbains pour s’enfoncer un peu plus dans la campagne, dans un endroit plus isolé. On s’est dit qu’il y aurait moins de zombies là où il y a moins de monde.

On a trouvé dans une petite forêt une maison assez bien isolée, assez protégée, sur deux étages, avec des murs bien épais et des volets à toutes les fenêtres. L’endroit est désert, on décide rapidement de s’y installer avec nos quelques provisions. Et miracle, un placard est rempli de conserves. On a de quoi tenir quelques semaines, le temps de trouver des ravitaillements autour.

Plusieurs jours passent sans que l’on ne croise un seul zombie. On reste principalement dans la maison à essayer d’aménager l’endroit qui a dû être abandonné à la va-vite. Je fais pour ma part le tour du domaine, en tournant autour de la maison, à chaque fois un peu plus loin, afin de bien connaître les lieux. Je repère ainsi plusieurs chemins dans les bois, dont un assez important qui ne passe pas très loin de la maison. Au cours de mes rondes, je trouve une hache plantée dans un arbre. Alors que j’essaye de la récupérer (c’est l’idéal pour planter un zombie, un coup de fusil pourrait ameuter du monde) j’entends des bruits qui se transforment en conversation : sur le chemin en contre-bas, un groupe d’un vingtaine de personnes marche sur le fameux chemin. On dirait trois familles qui se déplacent ensemble, tous armés. Ils ne m’ont pas vu. Je retourne en courant vers la maison. Ma mère est en train d’étendre du linge. Je lui dis de tout ramasser et de rentrer immédiatement. « Mais pourquoi ? » demande-t-elle. Je lui réponds « Tais toi, pas de bruit, ne dis plus rien et rentre tout de suite ! ». Elle insiste sans bouger. Pris par le stress, l’angoisse, je m’énerve : « Mais ferme-la, FERME-LA ! Fais ce que je te dis ! ». Je suis surpris ce que je dis. Mais il ne faut pas traîner dehors. Le pire danger aujourd’hui ce ne sont pas les zombies, qui sont peu nombreux et faciles à tuer ; mais les autres hommes. Les autres qui, comme nous, animés par leur instinct de survie, ne pensent qu’à se protéger et se nourrir. Tant pis pour les autres. Et j’ai pas vraiment envie que notre petite bâtisse avec ses provisions ne les attire. On se débrouille très bien sans eux, je ne connais pas leur intentions, donc mieux vaut éviter le contact.

Je pousse donc ma mère dans la maison. Mes deux frangins regardent un dvd (oui on avait de l’électricité). J’éteins l’écran, je leur dis de ne pas faire de bruit. Forcément, ils protestent. Je leur explique en deux mots la situation mais ils réussissent à encore parler. Heureusement pour nous les volets sont déjà tous fermés, par précaution. Je lâche un « la ferme » général et je monte au premier, regarder discrètement par la fenêtre le passage du groupe. Ils parlent tellement fort en marchant qu’ils n’ont pas entendu nos quelques échanges, tant mieux. Ils passent devant la maison sans y prêter attention. Quand à ce moment là, mon plus jeune frère décide de me rejoindre et monte les escaliers, comme à son habitude, c’est à dire comme un éléphant. Je n’en peux plus, je me lève de sous la fenêtre, me dirige vers lui et lui assène une gifle. La surprise le laisse pantois, ce qui me permet de lui chuchoter : « Des gens sont en bas, là. Encore un bruit, ils nous entendent et on est mort. Tu comprends ? ». Il fait signe que oui, complètement abasourdi. « Et pardon pour la gifle ». Je retourne à mon poste d’observation. Merde, ils ont stoppé devant la maison. Ils explorent le petit cabanon en face du chemin. Je tremble, j’espère qu’ils vont vite continuer leur route et ne pas tenter de fouiller la maison. Allez, barrez-vous. Je devrais me baisser mais je ne peux pas m’empêcher de les regarder. Quand une des femmes du groupe (qu’on aurait pu confondre avec un homme) lève la tête dans ma direction. Je me tasse le plus possible. Elle m’a vu j’en suis certain. Et mon père qui arrive derrière moi, debout, sans chuchoter : « Alors, ils sont partis, c’est bon ? ». Là je m’effondre, à quoi bon essayer de se cacher, c’est fini ils nous ont repérés.

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Disneyland, épidémie, zombies

Par une chouette journée de printemps, je me suis rendu à Disneyland avec quelques amis dont @ff_ff. Comme il y a du monde on va plutôt vers le fond du parc. Plus on avance moins il y a foule, jusqu’à arriver à un endroit que je ne connaissais pas chez Mickey. Il s’agit d’une attraction avec des acteurs : certains jouent les zombies, d’autres les cow-boys et doivent dézinguer ces faux zombies. Deux acteurs font patienter les gens dans la file d’attente en jouant une scène : le faux zombies fait comme s’il avait une crise, le cow-boy pointe son pistoler et tire des balles à blanc. Le faux zombie tombe dans un râle, le public applaudit. Puis il se relève et refait mine d’avoir une crise d’accès de zombification. Le cow-boy tire à nouveau mais ça ne change rien. L’acteur zombifié fait une drôle de tête, il a l’air surpris de son rôle si bien joué… Et puis du sang presque noir commence à couler de sa bouche, sa peau tombe en lambeaux : il devient un zombie pour de bon ! Le cow-boy horrifié tire désespérément ses balles à blanc avant de se faire mordre par le zombie. Cris de panique dans la foule. Mouvement de recul massif. Pas d’autre choix que la fuite. Chacun court vers l’entrée du parc, sacrément loin quand même. En me retournant je vois @ff_ff se faire bouffer. Pas beau à voir mais il ne faut pas s’arrêter. Tout le monde autour de moi se fait croquer tour à tour, l’épidémie va plus vite que la foule.

Je me réfugie dans une attraction, où je remonte les couloirs mal éclairés (ambiance pirates ou un truc comme ça). J’arrive finalement dans une salle de contrôle, où déjà se sont réfugiés d’autres visiteurs. Il y a parmi nous un garde qui ouvre une armoire pleine d’armes et procède à une distribution. Nous fermons les deux portes d’accès avec des chaînes. On commence à peine à se calmer quand on en entend tambouriner à l’une des portes : on pense d’abord que ce sont les zombies, mais on entend une petite voix faiblarde. Une petite fille ! Tant bien que mal on lui ouvre la porte pour la laisser entrer, poursuivie par les zombies. L’un d’entre nous tire quelques coups de feu par l’ouverture mais très vite on lui dit d’arrêter : le bruit va rameuter les autres.

Situation de crise dans ces 30m2. Nous sommes a priori encerclés. J’explique rapidement à la petite fille comment se servir de son pistolet puis nous formons deux groupes : nous ne sommes pas d’accord sur la sortie à choisir. Deux portes, deux groupes : nous sommes tous conscients que tout le monde n’y survivra pas. On ouvre les portes.

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Fin du monde, monde parallèle et journalisme

New York. Je suis journaliste et j’enquête sur un mystérieux personnage dont la police est aux trousses. Quand un beau matin, quelque chose d’étrange flotte dans l’air. Comme une odeur de fin du monde. Je suis à Manhattan et au cœur de la ville, un trou, béant, est sorti de nulle part. Comme un puit sans fond. Tout ce qui passe à proximité est immediatement aspiré dedans, tel un trou noir. Il grandit d’heure en heure. On fuit. Je me retrouve à la pointe sud sans pouvoir aller plus loin. Je vois les immeubles se tordre, aspirés par le cercle noir au sol… Quand vient mon tour, inexorablement. Je suis avalé dans cette chose noire, je me sens mourir : c’est la fin.

Un long moment passe avant que j’ouvre les yeux. Je suis dans la salle de rédaction mais comme revenu 80 ans en arrière. Des machines à écrire, et puis surtout mes collègues que je ne reconnais pas, habillés comme pendant la prohibition. L’un d’eux me tapotte les joues. « Bienvenue » me dit-il. Je lui demande ce qui se passe. Il m’explique que nous tous venons de l’autre monde, le vrai. Nous sommes ici dans une dimension parallèle controlée par le type louche sur lequel j’enquetais. Il s’est créé un monde où il est roi, et a aspiré NYC ainsi que quelques personnes pournle faire fonctionner. Il les place ensuite à différents postes, comme s’il attribuait des rôles au théâtre. « Moi-même je n’ai jamais été journaliste » me dit-il. « Nous non plus » relèvent les autres. Tiens. Alors pourquoi il m’a donné un rôle qui correspond à mon ancien métier ?

Je pars explorer ce NY parallèle, en commancant par le métro. J’y croise pas mal de personnes que je connaissais avant, du moins j’en ai l’impression… Mais à chaque fois je bute sur leur nom, je ne suis plus très sûr. En tout cas notre mystérieux maître du monde est un megalomane : son visage est partout au mur, sur des baches à l’extérieur, sur des dirigeables…

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On a marché sur la lune

Pour une opé blogueur, Juliette et moi sommes invités à participer à un voyage sur la lune. Nous ferons partie des quelques poignées d’êtres humains nous étant rendus sur ce gros caillou. Forcément, on accepte. Très vite nous nous retrouvons sur la piste de décollage, dans nos combinaisons de spationautes. La fusée ressemble davantage à un gros avion et le vol ne dure pas très longtemps. En fait, nous participons à une espèce de beta-test de vols d’un nouveau genre. Nous sommes accompagnés d’un pilote un peu roublard et une intendante. Bref, pour alunir, le capitaine me demande de me placer tout en bas de la fusée et de viser avec un guidon le hub qui va nous accrocher. Là je découvre par le hublot qu’on va se poser sur une base lunaire. Le capitaine nous explique qu’elle est vide et qu’on l’a louée à la NASA pour quelques jours. Un peu comme un Pierre & Vacances. Tout se passe bien, on commence à découvrir la base. L’intendante décharge ses cartons de nourriture lyophilisée, tandis que le capitaine, un peu trop sûr de lui, ne vérifie pas la fermeture du sas qui mène à l’extérieur. C’est l’intendante qui lui signale qu’un truc bloque la porte. Là je le sens mal. Au lieu d’arranger les choses correctement, il se dit qu’en tirant un grand coup sur ce qui coince permettra de le débloquer : il l’attrape avec les mains, jure, et tire de toutes ses forces. Certes ça débloque la porte, mais au lieu de la fermer, ça l’ouvre. Le pauvre homme est aspiré à l’extérieur. Notre salle dépressurise, les lumières rouges accompagnent les sirènes. Puis la porte se referme. On se précipite vers la porte vitrée, pour tenter de voir le capitaine. Vu le cri qu’il a poussé en étant aspiré à l’extérieur, on a pas vraiment d’espoir qu’il soit encore vivant. Soudain le glas tombe sur cette expédition lunaire, qui se voulait légère. On est dans le caca. Personne parmi nous ne sait piloter, et on a la seule fusée qui est actuellement en service. Oups.

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