Zombie, Angleterre, campement

Nous sommes en vacances avec Juliette. Sur la côte normande. On fait une sorte de tour sur plusieurs semaines, et là on doit prendre l’avion pour notre prochaine destination. Dans le petit aéroport, tandis que nous attendons l’embarquement, petit check-in Foursquare. Mais pas le temps de lancer Twitter : la panique commence à saisir quelques personnes éparses qui pianotaient sur leur mobile. L’un d’eux crie « Allumez la télé ! tout de suite ! » On se regroupe donc près du poste dans un des cafés de la grande salle, on met une chaîne d’info : et la présentatrice annonce, toute tremblante, qu’une épidémie inconnue se répand sur la surface du globe à grande vitesse. On parle de zombification.

Pas le temps d’en apprendre davantage, notre vol est appelé pour l’embarquement. Nous sommes relativement incrédules. Pendant que nous grimpons dans l’appareil avec un personnel de vol vraisemblablement pas au courant, je vérifie ma timeline Twitter. Effectivement, ça tweete dans tous les sens, vers des photos de zombies, des dépêches, mais rien de très précis. Impossible de savoir où ça se passe, tout le monde retweete tout le monde, et c’est pas simple de remonter la source des infos. Nous nous installons à nos sièges, tout à l’avant, mais le brouhaha commence à être assez fort, les passagers sont tous au courant. L’un d’eux interpelle une hôtesse, en lui demandant de parler au commandant. Elle ne veut pas céder mais finalement c’est lui qui sort du cockpit. Il demande le silence : il a eu par radio l’aéroport de destination, ils subissent à leur tour l’épidémie. Nous ne pouvons pas nous y rendre et n’a aucune instruction. Le type excité de tout à l’heure lui dit alors qu’on devrait décoller pour l’Angleterre : c’est une île, l’épidémie peut être contenue au-delà des côtes. Pas con. Il est ok. Le pilote prend place à son siège. On décolle. Mais le type excité se lève d’un coup. Il lit sur son Blackberry que l’Angleterre est sévèrement touchée, il ne faut surtout pas y aller. Il tente d’alerter le pilote, tambourine à la porte du cockpit, verrouillée. L’hôtesse tente de le remettre à son siège mais en plein décollage ça n’est pas simple. Et puis tout bascule : d’un coup l’avion pique, on se retrouve à foncer vers la mer, il cabre, on revient vers la côte… Et finalement on s’écrase contre les rochers de la falaise, pour se retrouver coincés, le nez de l’appareil quasiment dans l’eau, les deux flancs bloqués par des pitons rocheux.

On est complètement sonné. Le pilote nous annonce par micro que seule la porte arrière est accessible pour sortir. Les hôtesses déclenchent les toboggans et les canots de sauvetage. Finalement tout le monde s’extirpe de la carlingue et se retrouve sur un bout de falaise. Je regarde sur mon mobile un outil que j’ai designé avec un ami pour connaître en combien de temps la Terre serait zombifiée : d’après notre module, il s’agit de quelques jours. Nous décidons d’installer un campement temporaire sur ce bord de falaise tandis que le pilote s’est désigné volontaire pour aller chercher de l’aide à l’aéroport, à quelques kilomètres.

Plusieurs jours plus tard, le pilote n’est jamais revenu, l’aide n’est jamais arrivée. Je n’ai plus de batterie mais j’ai pu voir rapidement que notre région était touchée par l’épidémie. Ce qui explique pourquoi nous sommes restés là. Loin d’habitations, on espère être épargné. Et puis au loin je vois de la fumée : un véhicule arrive sur le chemin de terre. Non, ils sont plusieurs, une flopée de 4×4 et de camions. Les secours ? L’armée ? Ils se rapprochent et s’arrêtent à quelques dizaines de mètres. Un grand type, torse nu, fusil à la main, se met sur le marche-pied. Il nous regarde. Ca sent pas bon. Puis il crie vers les camions : « N’épargnez que les femmes ! ». Ce n’est donc pas l’épidémie de zombies qui va nous tuer, mais une bande de cinglés. Il n’y a plus rien, nulle part où fuir, sauf derrière, la falaise. On saute.

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Exploration spatiale et technologie magnétique

Nous sommes en 2041. Je suis à bord d’un des vaisseaux envoyés par la Terre pour découvrir de nouvelles planètes. Tout s’est accéléré il y a quelques années, quand nous avons enfin réussi à maîtriser l’énergie magnétique. Du coup, tous les objets, quel que soit leur poids, peuvent être déplacés sans effort, comme s’ils volaient au-dessus du sol. Voilà pour la base, mais les applications qui en découlent sont multiples : la plupart des objets et outils produits le sont dorénavant par des machines, la robotique ayant bénéficié d’un essor fulgurant. C’est donc l’augmentation des humains qui a suivi : remplacement de membres, d’organes… J’ai moi même un oeil bionique.

Du coup avec l’énergie magnétique c’est devenu vachement plus simple de se déplacer dans l’espace, ne me demandez pas comment. Tout ce que je sais, c’est que dès que cette techno a explosé, j’ai abandonné toute activité pour me plonger dedans, en tant que « chercher / testeur / explorateur ». En gros, j’essaye de trouver de nouvelles applications. Et c’est à ce titre que j’ai été embarqué dans ce vaisseau : on ne sait pas ce qu’on va découvrir, il faudra peut-être l’inventer sur place.

Bref, l’ambiance est pesante à bord : la capitaine s’est faite amocher lors de la première exploration sur la planète que l’on vise. L’équipe est rentrée indemne mais elle s’est faite faucher par on ne sait pas quoi, ses deux jambes y sont restées. Elle a été ramenée inconsciente et placée dans le module chirurgical. Là, toute l’avancée technologique des quelques dernières années prend tout son sens. Sans que personne n’intervienne, quelques bras robots fabriquent dans un coin deux superbes jambes d’acier ; et encore ils ne touchent à rien, chaque pièce glisse sur un rail invisible et vient s’emboîter. C’est extraordinaire à voir. Un autre robot, toujours en suspension au-dessus du sol, glisse vers elle et vient lui greffer ses nouveaux membres. Elle revient à elle peu de temps après. Soudain elle comprend : où elle se trouve, ce qui lui est arrivé, et ce qu’elle a perdu. Elle crie dans un sanglot de rage, personne ne bronche. Mais à ce moment je me dis qu’elle a de la chance en fait. Ces deux jambes motrices vont faire d’elle un être humain augmenté : plus puissante, plus rapide, avec une meilleure autonomie de marche. Elle comprend ceci exactement en même temps que moi, et sa réaction est immédiate : elle se met debout, se dirige vers son équipe dans un « clang » « clang » retentissant et se lance vers une nouvelle exploration de la planète.

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Silence

Depuis plusieurs jours, la Terre semble subir une épidémie de zombification. Avec mes parents et mes deux frangins, on a décidé de fuir les grands ensembles urbains pour s’enfoncer un peu plus dans la campagne, dans un endroit plus isolé. On s’est dit qu’il y aurait moins de zombies là où il y a moins de monde.

On a trouvé dans une petite forêt une maison assez bien isolée, assez protégée, sur deux étages, avec des murs bien épais et des volets à toutes les fenêtres. L’endroit est désert, on décide rapidement de s’y installer avec nos quelques provisions. Et miracle, un placard est rempli de conserves. On a de quoi tenir quelques semaines, le temps de trouver des ravitaillements autour.

Plusieurs jours passent sans que l’on ne croise un seul zombie. On reste principalement dans la maison à essayer d’aménager l’endroit qui a dû être abandonné à la va-vite. Je fais pour ma part le tour du domaine, en tournant autour de la maison, à chaque fois un peu plus loin, afin de bien connaître les lieux. Je repère ainsi plusieurs chemins dans les bois, dont un assez important qui ne passe pas très loin de la maison. Au cours de mes rondes, je trouve une hache plantée dans un arbre. Alors que j’essaye de la récupérer (c’est l’idéal pour planter un zombie, un coup de fusil pourrait ameuter du monde) j’entends des bruits qui se transforment en conversation : sur le chemin en contre-bas, un groupe d’un vingtaine de personnes marche sur le fameux chemin. On dirait trois familles qui se déplacent ensemble, tous armés. Ils ne m’ont pas vu. Je retourne en courant vers la maison. Ma mère est en train d’étendre du linge. Je lui dis de tout ramasser et de rentrer immédiatement. « Mais pourquoi ? » demande-t-elle. Je lui réponds « Tais toi, pas de bruit, ne dis plus rien et rentre tout de suite ! ». Elle insiste sans bouger. Pris par le stress, l’angoisse, je m’énerve : « Mais ferme-la, FERME-LA ! Fais ce que je te dis ! ». Je suis surpris ce que je dis. Mais il ne faut pas traîner dehors. Le pire danger aujourd’hui ce ne sont pas les zombies, qui sont peu nombreux et faciles à tuer ; mais les autres hommes. Les autres qui, comme nous, animés par leur instinct de survie, ne pensent qu’à se protéger et se nourrir. Tant pis pour les autres. Et j’ai pas vraiment envie que notre petite bâtisse avec ses provisions ne les attire. On se débrouille très bien sans eux, je ne connais pas leur intentions, donc mieux vaut éviter le contact.

Je pousse donc ma mère dans la maison. Mes deux frangins regardent un dvd (oui on avait de l’électricité). J’éteins l’écran, je leur dis de ne pas faire de bruit. Forcément, ils protestent. Je leur explique en deux mots la situation mais ils réussissent à encore parler. Heureusement pour nous les volets sont déjà tous fermés, par précaution. Je lâche un « la ferme » général et je monte au premier, regarder discrètement par la fenêtre le passage du groupe. Ils parlent tellement fort en marchant qu’ils n’ont pas entendu nos quelques échanges, tant mieux. Ils passent devant la maison sans y prêter attention. Quand à ce moment là, mon plus jeune frère décide de me rejoindre et monte les escaliers, comme à son habitude, c’est à dire comme un éléphant. Je n’en peux plus, je me lève de sous la fenêtre, me dirige vers lui et lui assène une gifle. La surprise le laisse pantois, ce qui me permet de lui chuchoter : « Des gens sont en bas, là. Encore un bruit, ils nous entendent et on est mort. Tu comprends ? ». Il fait signe que oui, complètement abasourdi. « Et pardon pour la gifle ». Je retourne à mon poste d’observation. Merde, ils ont stoppé devant la maison. Ils explorent le petit cabanon en face du chemin. Je tremble, j’espère qu’ils vont vite continuer leur route et ne pas tenter de fouiller la maison. Allez, barrez-vous. Je devrais me baisser mais je ne peux pas m’empêcher de les regarder. Quand une des femmes du groupe (qu’on aurait pu confondre avec un homme) lève la tête dans ma direction. Je me tasse le plus possible. Elle m’a vu j’en suis certain. Et mon père qui arrive derrière moi, debout, sans chuchoter : « Alors, ils sont partis, c’est bon ? ». Là je m’effondre, à quoi bon essayer de se cacher, c’est fini ils nous ont repérés.

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Disneyland, épidémie, zombies

Par une chouette journée de printemps, je me suis rendu à Disneyland avec quelques amis dont @ff_ff. Comme il y a du monde on va plutôt vers le fond du parc. Plus on avance moins il y a foule, jusqu’à arriver à un endroit que je ne connaissais pas chez Mickey. Il s’agit d’une attraction avec des acteurs : certains jouent les zombies, d’autres les cow-boys et doivent dézinguer ces faux zombies. Deux acteurs font patienter les gens dans la file d’attente en jouant une scène : le faux zombies fait comme s’il avait une crise, le cow-boy pointe son pistoler et tire des balles à blanc. Le faux zombie tombe dans un râle, le public applaudit. Puis il se relève et refait mine d’avoir une crise d’accès de zombification. Le cow-boy tire à nouveau mais ça ne change rien. L’acteur zombifié fait une drôle de tête, il a l’air surpris de son rôle si bien joué… Et puis du sang presque noir commence à couler de sa bouche, sa peau tombe en lambeaux : il devient un zombie pour de bon ! Le cow-boy horrifié tire désespérément ses balles à blanc avant de se faire mordre par le zombie. Cris de panique dans la foule. Mouvement de recul massif. Pas d’autre choix que la fuite. Chacun court vers l’entrée du parc, sacrément loin quand même. En me retournant je vois @ff_ff se faire bouffer. Pas beau à voir mais il ne faut pas s’arrêter. Tout le monde autour de moi se fait croquer tour à tour, l’épidémie va plus vite que la foule.

Je me réfugie dans une attraction, où je remonte les couloirs mal éclairés (ambiance pirates ou un truc comme ça). J’arrive finalement dans une salle de contrôle, où déjà se sont réfugiés d’autres visiteurs. Il y a parmi nous un garde qui ouvre une armoire pleine d’armes et procède à une distribution. Nous fermons les deux portes d’accès avec des chaînes. On commence à peine à se calmer quand on en entend tambouriner à l’une des portes : on pense d’abord que ce sont les zombies, mais on entend une petite voix faiblarde. Une petite fille ! Tant bien que mal on lui ouvre la porte pour la laisser entrer, poursuivie par les zombies. L’un d’entre nous tire quelques coups de feu par l’ouverture mais très vite on lui dit d’arrêter : le bruit va rameuter les autres.

Situation de crise dans ces 30m2. Nous sommes a priori encerclés. J’explique rapidement à la petite fille comment se servir de son pistolet puis nous formons deux groupes : nous ne sommes pas d’accord sur la sortie à choisir. Deux portes, deux groupes : nous sommes tous conscients que tout le monde n’y survivra pas. On ouvre les portes.

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Fin du monde, monde parallèle et journalisme

New York. Je suis journaliste et j’enquête sur un mystérieux personnage dont la police est aux trousses. Quand un beau matin, quelque chose d’étrange flotte dans l’air. Comme une odeur de fin du monde. Je suis à Manhattan et au cœur de la ville, un trou, béant, est sorti de nulle part. Comme un puit sans fond. Tout ce qui passe à proximité est immediatement aspiré dedans, tel un trou noir. Il grandit d’heure en heure. On fuit. Je me retrouve à la pointe sud sans pouvoir aller plus loin. Je vois les immeubles se tordre, aspirés par le cercle noir au sol… Quand vient mon tour, inexorablement. Je suis avalé dans cette chose noire, je me sens mourir : c’est la fin.

Un long moment passe avant que j’ouvre les yeux. Je suis dans la salle de rédaction mais comme revenu 80 ans en arrière. Des machines à écrire, et puis surtout mes collègues que je ne reconnais pas, habillés comme pendant la prohibition. L’un d’eux me tapotte les joues. « Bienvenue » me dit-il. Je lui demande ce qui se passe. Il m’explique que nous tous venons de l’autre monde, le vrai. Nous sommes ici dans une dimension parallèle controlée par le type louche sur lequel j’enquetais. Il s’est créé un monde où il est roi, et a aspiré NYC ainsi que quelques personnes pournle faire fonctionner. Il les place ensuite à différents postes, comme s’il attribuait des rôles au théâtre. « Moi-même je n’ai jamais été journaliste » me dit-il. « Nous non plus » relèvent les autres. Tiens. Alors pourquoi il m’a donné un rôle qui correspond à mon ancien métier ?

Je pars explorer ce NY parallèle, en commancant par le métro. J’y croise pas mal de personnes que je connaissais avant, du moins j’en ai l’impression… Mais à chaque fois je bute sur leur nom, je ne suis plus très sûr. En tout cas notre mystérieux maître du monde est un megalomane : son visage est partout au mur, sur des baches à l’extérieur, sur des dirigeables…

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On a marché sur la lune

Pour une opé blogueur, Juliette et moi sommes invités à participer à un voyage sur la lune. Nous ferons partie des quelques poignées d’êtres humains nous étant rendus sur ce gros caillou. Forcément, on accepte. Très vite nous nous retrouvons sur la piste de décollage, dans nos combinaisons de spationautes. La fusée ressemble davantage à un gros avion et le vol ne dure pas très longtemps. En fait, nous participons à une espèce de beta-test de vols d’un nouveau genre. Nous sommes accompagnés d’un pilote un peu roublard et une intendante. Bref, pour alunir, le capitaine me demande de me placer tout en bas de la fusée et de viser avec un guidon le hub qui va nous accrocher. Là je découvre par le hublot qu’on va se poser sur une base lunaire. Le capitaine nous explique qu’elle est vide et qu’on l’a louée à la NASA pour quelques jours. Un peu comme un Pierre & Vacances. Tout se passe bien, on commence à découvrir la base. L’intendante décharge ses cartons de nourriture lyophilisée, tandis que le capitaine, un peu trop sûr de lui, ne vérifie pas la fermeture du sas qui mène à l’extérieur. C’est l’intendante qui lui signale qu’un truc bloque la porte. Là je le sens mal. Au lieu d’arranger les choses correctement, il se dit qu’en tirant un grand coup sur ce qui coince permettra de le débloquer : il l’attrape avec les mains, jure, et tire de toutes ses forces. Certes ça débloque la porte, mais au lieu de la fermer, ça l’ouvre. Le pauvre homme est aspiré à l’extérieur. Notre salle dépressurise, les lumières rouges accompagnent les sirènes. Puis la porte se referme. On se précipite vers la porte vitrée, pour tenter de voir le capitaine. Vu le cri qu’il a poussé en étant aspiré à l’extérieur, on a pas vraiment d’espoir qu’il soit encore vivant. Soudain le glas tombe sur cette expédition lunaire, qui se voulait légère. On est dans le caca. Personne parmi nous ne sait piloter, et on a la seule fusée qui est actuellement en service. Oups.

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La Terre, petite ou grande ?

C’est la nuit; tout le monde est parti se coucher, dans cette belle grande villa dans le sud de la France. Mais je ne parviens pas à m’endormir. La lune est claire, je regarde par la fenêtre… Quand se produit un phénomène bien étrange : un être géant regarde la Terre. Il est si grand qu’il peut l’attraper dans sa main. Il pose un doigt pas loin de la maison, tout le monde est réveillé. Etrangement, au fur et à mesure que nous nous approchons de sa main, nous grandissons à notre tour. Nous grimpons sur son bras et arrivons sur sa planète, finalement nous mesurons sa taille. Une sensation indescriptible me saisit : une notion incroyable de grand – petit, c’est assez renversant.

On découvre donc ce nouvel univers. En quelques instants nous comprenons beaucoup de choses : la Terre est pour eux comme une fourmilière pour nous ; leur peuple est bien plus anciens que la Terre et ils vivent dans un temps qui nous paraît reculé : pas de technologie, mais une fusion totale avec les arbres et la pierre. Bref, autour d’un repas dans ce qui ressemble à un château, nous échangeons. Il est bientôt temps de rentrer. Nous faisons le chemin inverse, toujours en pyjama… et rapetissons au fur et à mesure que nous progressons. Jusqu’à reprendre notre taille humaine.

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Art, Chiens et Trains

On est à Londres, avec toute ma famille. On y passe pas juste des vacances, mais on s’est installé temporairement là, genre 3-4 mois. Nous sommes en banlieue, plutôt campagne. Je passe de plus en plus de temps dans une galerie d’art, qui est aussi équipée d’un atelier. Je n’ai jamais vraiment travaillé de matière brute avec mes mains, et le gérant qui est un jeune trentenaire, un vrai artiste, me propose de travailler dans un coin de son atelier. J’accepte donc. Très vite il m’apporte un gros tronc d’arbre un peu tordu. « Tu vas commencer à partir de là; je vais te le polir, et tu en feras ce que tu veux ». Le lendemain quand je reviens dans la petite maison, la pièce de bois est effectivement bien plus belle, toute polie.

Ellipse.

Voilà j’ai terminé mon « oeuvre ». Je ne sais pas si je suis content, j’ai composé autour du tronc couché avec des matériaux récupérés (métal, tissus, peinture). L’occupant des lieux semble content. D’ailleurs il fait un vernissage ce soir d’une nouvelle expo, il veut mettre ça en pièce centrale. « Pourquoi pas », lui dis-je, persuadé que ce n’est pas de l’art, mais bon.

Mes parents et mes frères m’accompagnent au vernissage, ils sont très fiers. Juste avant d’ouvrir, l’artiste-gérant me demande d’enter seul. Il a en effet invité une cliente qui cherchait depuis longtemps une oeuvre de ce style et elle a tenu à la voir avant, dans l’éventualité de l’acheter. Elle veut me poser des questions. Je suis très étonné, à moitié flatté, et je découvre qu’elle a environ mon âge. Elle veut savoir d’où « tout ça m’est venu ». Je lui dis que je n’en sais fichtre rien. Elle n’arrête pas de tourner autour (ça fait quand même bien 2m de long) en répétant « j’adore, j’adore ». Elle est accompagnée d’une amie plutôt discrète. Je les laisse, je sors un peu.

Le vernissage se passe bien, on boit, on mange, on discute, c’est drôle.

Quand la soirée est terminée, je retourne voir ce rondin déguisé. Et je vois une petite étiquette rouge avec un prix dessus. C’est vendu. 9 500 $, dont 8 300 pour moi (frais de la galerie). J’hallucine. 8 000 dollars dans la poche pour ce truc moche. Je suis complètement fou, je ressors en criant à mes parents l’incroyable nouvelle. Ils n’en reviennent pas non plus, mais estiment que ça doit plaire à certaines personnes. Bin oui, la preuve.

Pendant que je discute un peu avec le gérant, mes parents et frangins partent devant. Et puis dans la rue j’entends des cris, des bruits : Max, le plus petit, est parti plus loin et s’es retrouvé en face d’une meute de chiens errants. Il est encerclé. Ma mère crie, je la rejoins. Il se fait attaquer par les chiens, alors je fonce vers eux en hurlant plus fort qu’ils n’aboient. Ca les fait fuir, et Max a été mordu méchamment. Il lui faut des soins. Toutes les maisons semblent fermées, vides. Je fonce vers un pub un peu plus loin, et avec le stress j’arrive à peine à faire une phrase compréhensible en anglais. Je dis au barman « My brother was.. euh.. bitten by a wolf » (alors que ce sont des chiens, mais je ne savais plus comment dire chien, et qu’importe). Le mec me regarde, il astique son verre. « We have to call an ambulance! » j’arrive à peine à dire, tremblotant. Il me dit qu’il a pas le téléphone mais qu’un autre bar plus loin l’a. Je continue dans cette direction, je me rapproche de rails de chemins de fers, assez nombreux, qui semblent tous converger vers Londres. Une fois dans ce bar une serveuse m’indique le téléphone, derrière un coin. Elle me donne un cure-dent. « Why? » je lui demande. Et là elle m’explique que le téléphone marche sans pièces mais qu’il se coupe au bout de 20s. Si je veux téléphoner plus longtemps je dois coincer la petite roue qui tourne. J’essaie mais c’est vraiment n’importe quoi, impossible de téléphoner, le cure-dent se casse. Je désespère. Je me dis qu’après tout, je peut porter Max à Londres moi-même.

Je vais le récupérer sur le sol, il est conscient mais saigne bien. Je me dirige vers les voies ferrées, et on trouve une sorte de plateau sur rails. On se met dessus et on se laisse glisser vers Londres, comme sur un radeau.

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Scoutisme, attentat, Histoire

Au pied d’un ensemble de bukers situés en pleine ville, je reste planté là alors que tout le monde s’affaire. Les crieurs annoncent la nouvelle : la guerre est finie, Hitler est fini. Je vois courir aussi bien des familles que des gradés. Mais pas le temps de contempler la victoire, je dois repenser à ma mission. Vêtu d’une chemise beige claire, d’un short foncé, je suis en fait infiltré dans les jeunesses Hitleriennes. Ma mission : assassiner le dictateur avant la fin de la guerre. Sauf que voilà, la guerre est finie, alors je dois reconsidérer ma mission. Pour ce faire je rentre dans l’un des immeubles fortifiés. Il s’agit d’une salle de banquet, où devrait se produire une cérémonie après le défilé des Jeunesses devant Hitler. Oui, même s’il a perdu, il continue d’y croire.

Je retrouve mon père et mon frère, eux aussi infiltrés. On se met rapidement d’accord pour mettre à exécution notre plan. Cela se déroulera pendant le défilé, je suis chargé de le faire tandis qu’ils feront diversion. Seulement au moment de se séparer, mon frère m’annonce qu’il a perdu son ceinturon, gravé JH. Sans cela il ne pourra pas passer le cordon de sécurité. Je lui donne donc le mien et file en chercher un autre au magasin. Sauf que comme la fin de la guerre a été annoncée, le type qui le tient s’est tiré. Je me débrouille pour en retrouver une vielle dans ma chambre, et je suis fichtrement en retard pour le défilé. Je me dépêche d’y retourner, j’ajuste mon uniforme, gagne ma place dans le défilé. Je le vois, il est à 10 mètres de moi, il serre les mains de ma rangée. Parfait. 5 mètres. 3 mètres. 2 mètres.

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Usurpation d’identité, chasse à l’homme et parc zoologique

C’est le week-end, vendredi soir. Je décide de partir à Lyon voir des amis là-bas. Je prends le train, mais pour une raison qui m’échappe je ne peux pas les voir. Alors je prends une chambre d’hôtel en me demandant ce que je vais faire le lendemain.

Le lendemain justement, je décide de faire un peu de tourisme. Je me rends dans la campagne où j’ai entendu parler d’une immense réserve naturelle d’animaux sauvages, que l’on peut visiter à pieds, sans grillage. Un peu comme l’île de Jurrasic Park niveau taille. A l’entrée, je retrouve une collègue de travail. Tiens, marrant. On décide donc de faire la visite ensemble, mais avant ça, on voudrait rencontrer le directeur. Donc sur la gauche de l’entrée se trouvent les bâtiments administratifs, là où sont les gardes en pause, etc. En fait c’est une véritable petite armée… Bref, la secrétaire nous fait patienter sur un banc dans un couloir, devant le bureau de directeur absent pour le moment, « mais il va pas tarder ». Bon. Moi j’ai pas que ça à faire, la porte baille, je décide de visiter son bureau.

Et là je découvre l’univers d’un homme rongé par une passion qui n’a rien à voir avec les parcs, les animaux sauvages, et tout ça : il traque, espionne, poursuit une identité sur le web. Des pages imprimées recouvrent son mur, son bureau est rempli de notes, d’url, de questions, autour d’un personnage du web qu’il pense « faux ». Si je comprends bien son raisonnement, il pense que cette identité qu’il pourchasse a été usurpée par quelqu’un. Il se trouve que ce quelqu’un, c’est moi. Mais ça le directeur ne le sait pas. Alors sur son calepin j’écris un petit mot au nom de cette identité, pour le faire enrager. Je sors du bureau, j’attrape ma collègue par le bras et lui explique en deux mots la situation. En somme, vaut mieux pas traîner ici.

On décide rapidement de sortir séparément, pour ne pas éveiller les soupçons. Oui ok c’est justement les éveiller mais on se sentait épié. Je pars devant. Sans me retourner je comprends que des gardes sont en train de l’arrêter. Ils ne m’ont pas vu, j’ai juste le temps de sortir du bâtiment. Trop risqué de passer par la grande entrée, je préfère m’enfoncer dans le parc. J’espère qu’elle ne parlera pas trop vite…

Un immense domaine est devant moi. Sur la gauche des falaises avec au pied des broussailles : difficile mais ils ne me chercheront pas là. A droite un grand lac, et au milieu une plaine sans fin, une route la traverse. Les touristes classiques sont au bord du lac ou filent en voiture vers les zones du fond. Parait qu’il y a des ourses en liberté là-bas. Bon, au lieu de me fondre avec tous les touristes, je file vers les falaises. Sauf que pour les atteindre, il faut traverser une vaste étendue plate pas très couverte. Qu’à cela ne tienne, je fonce. Je réussirai à grimper les rochers et à m’échapper par là. Je file donc, en courant, pendant de longues minutes. Et puis soudain, un bruit d’hélico volant très bas. Zut, je ne suis même pas encore au pied des falaises. Et de toute façon elles seront trop dures à grimper, je me suis sur-estimé. Hop demi-tour, je décide enfin de rejoindre les touristes classiques. Mais trop tard, l’hélico me passe juste au-dessus, fait demi-tour, stagne, un tireur se met en position, tire, la balle passe juste à côté de mon oreille. Ok, c’était un tir préventif, ils ne rigolent pas. Pas le choix, je me mets à genoux, les mains sur la tête. L’hélico se pose et les deux gardes armées descendent, courent vers moi, me mettent à terre et me menottent. Hop je suis embarqué dans l’hélico. On passe au-dessus des falaises.
— Félicitations pour vos falaises, elles sont super dures à grimper, je dis au garde à côté de moi
— Merci, répond-il fièrement
Et on passe à ras. Le pilote fait un peu son kakou, mais très vite il est surpris par un immense filet juste derrière une petite colline. On est horrifié, ce filet fait la taille d’un immeuble, c’est gigantesque. Le pilote s’arrête quelques mètres devant et pose l’hélico.
— SILENCE!! Souffle-t-il
Et on voit surgir une immense tortue, dressée sur ses pattes arrières, habillée comme un joueur de foot américain. On est dans la zone des tortues joueuses au foot. Et en pleine partie. Le monstre passe à côté de l’hélico qui doit lui sembler être une simple mouche posée sur le sol. Derrière nous d’autres joueurs surgissent. On est vraiment au milieu du terrain.
— Et personne ne filme ça ? je gueule complètement ahuri.
Je sors mon Blackberry de ma poche, avec mes menottes, et j’enclenche la fonction vidéo, pour capturer quelques images de ces monstres sortis de super Mario. Le pilote redécolle en trombe, tout vert, et on s’éloigne rapidement de l’endroit. Je continue à filmer, notamment mes gardes, qui jouent avec leurs casques. Je me demande si je pourrai bloguer cette vidéo…

On arrive aux bâtiments du début. Là on me pousse jusque dans une petite cellule. Je ne manque pas de gueuler, crier, m’insurger, c’est pas normal, je n’ai rien fait, etc. Mais on me fait comprendre que le directeur a très envie de me voir, et de me punir. Pourtant l’identité qu’il traquait n’avait rien à voir avec lui, je ne comprends pas.

Tout seul dans ma cellule je me demande comment je pourrais tourner cette histoire à mon avantage, notamment en bloguant mon arrestation au fusil et à l’hélico. Mais ça signifierait avouer que cette fausse identité, c’est moi. Dur. Mais pas le temps de faire les 100 pas, le directeur arrive. S’en suit un échange violent de « nous avons des preuves », « mes fesses oui, vous avez que dalle », etc. Jusqu’à ce que je comprenne que ma collègue, qui en savait long, a parlé très vite….

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